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Dak Meester — couvreur en Brabant flamand et à Bruxelles
Raccord entre un toit de tuiles et le mur mitoyen plus haut de la maison voisine, avec solin en zinc engravé dans les joints (illustration)

31 octobre 2026 · 5 min de lecture

Infiltration le long du mur mitoyen : quand le raccord avec le voisin lâche

Dans une rue de maisons mitoyennes, deux toitures sont rarement à la même hauteur. Là où votre toit s’appuie contre le mur du voisin, une pièce de métal fait la jonction ; quand elle se décolle, l’eau descend dans la maçonnerie et ressort chez vous.

L’essentiel

  • Une tache en haut d’un mur mitoyen, côté intérieur, vient souvent du raccord entre votre toit et le mur voisin plus haut.
  • Un solin correct est engravé dans un joint de la maçonnerie, jamais simplement collé contre la brique.
  • La réparation touche le mur du voisin : parlez-lui du chantier avant qu’il commence.

Pourquoi la jonction avec le voisin prend l’eau

À Bruxelles, à Vilvorde, à Hal ou dans le centre de Louvain, les rues se sont construites maison par maison, à des époques différentes. Une maison basse côtoie un immeuble de trois niveaux, une toiture refaite dans les années quatre-vingt touche une couverture d’origine. Il en résulte presque partout la même configuration : un versant qui vient buter contre un mur mitoyen plus haut que lui.

Cette jonction reçoit l’eau de deux côtés :

  • celle qui coule sur votre versant, le long du mur, jusqu’à la gouttière ;
  • celle qui ruisselle sur la face du mur voisin et arrive par le haut sur votre couverture.

Il s’ajoute parfois une troisième source : la descente d’eau du voisin qui se déverse sur votre toit au lieu de rejoindre une gouttière. Le débit se concentre alors sur quelques tuiles, souvent celles qui touchent le mur. Tout le raccord doit être pensé pour renvoyer ces flux sur la couverture, sans qu’une goutte passe entre le métal et la brique.

Les signes qui désignent le raccord

À l’intérieur, la trace se loge en haut du mur mitoyen de la pièce du dernier étage, en suivant à peu près la pente du toit. Le papier peint se soulève, l’enduit farine ou cloque, une odeur de cave s’installe dans l’angle. Elle s’aggrave surtout après les pluies poussées par le vent, moins après une petite bruine.

Dans les combles, quand on peut y circuler sur un plancher, regardez la maçonnerie à l’endroit où la sous-toiture rejoint le mur : brique plus sombre, coulure le long d’un chevron, mortier qui s’effrite au toucher.

Depuis la rue, le jardin ou une fenêtre d’en face, cherchez :

  • une bande métallique qui s’écarte du mur et laisse voir un jour ;
  • un cordon de mastic fendu ou à moitié décollé ;
  • un joint de mortier creusé juste au-dessus du métal ;
  • des mousses ou des plantes qui poussent dans l’angle.

Une précaution avant d’accuser le raccord : un mur mitoyen qui donne sur des combles voisins non chauffés, ou sur une maison inoccupée, devient froid en hiver. L’air de la pièce y condense, surtout le matin, et des points noirs apparaissent dans l’angle par temps sec et froid. Ce scénario ne suit pas la pluie mais le thermomètre. Notez donc pendant deux ou trois semaines quand la tache progresse : après chaque averse venteuse, la piste du raccord se confirme ; par gel sec, elle s’éloigne.

Sur une façade à rue avec chéneau encaissé, l’extrémité du chéneau contre le mitoyen est un autre suspect classique : nous en parlons dans l’article sur le chéneau caché derrière la corniche.

Comment ce raccord devrait être construit

Un raccord durable se compose de deux pièces qui se recouvrent, chacune avec son rôle.

Sous la couverture : le relevé

Le long du mur, une bande de zinc passe sous les tuiles et remonte contre la brique sur une bonne hauteur. Sur ardoise, on glisse plutôt une petite pièce pliée, un noquet, sous chaque rang. Cette partie recueille l’eau qui coule sur le versant et la ramène vers la gouttière.

Au-dessus : le solin

Une seconde bande vient coiffer le relevé. Son bord supérieur est replié et enfoncé dans une saignée creusée dans un joint de la maçonnerie, puis rejointoyé. L’eau qui descend sur la face du mur glisse sur le solin et retombe sur la couverture, au lieu de s’infiltrer derrière le relevé. Quand la pente du toit coupe les rangs de briques en biais, le solin suit les joints en escalier.

Les défauts que nous rencontrons

  • un solin simplement collé au mastic contre la face de la brique, sans saignée ;
  • un relevé trop bas, que l’eau poussée par le vent franchit ;
  • un zinc fixé trop rigidement, fendu par les dilatations ;
  • un ancien « solin » en mortier de ciment qui a fissuré et laisse entrer l’eau au lieu de la renvoyer ;
  • une saignée dont le mortier s’est désagrégé, si bien que le solin ne tient plus que par habitude.

Les réparations possibles

Tout dépend de la pièce qui a cédé. Quand le relevé est sain et seul le solin est en cause, on ouvre une saignée propre dans le joint, on pose un solin neuf façonné à la longueur, on le cale et on referme le joint. C’est le cas le plus fréquent.

Si le relevé lui-même est percé ou trop court, il faut déposer la rangée de tuiles qui longe le mur, contrôler le bout des chevrons et les liteaux qui ont pu boire l’eau, reprendre la sous-toiture contre la maçonnerie, puis poser l’ensemble relevé et solin. Le principe est proche de celui d’une noue qui laisse passer l’eau : on reprend une bande de couverture, pas tout le versant.

Reste un cas à ne pas manquer : un raccord en bon état et une tache qui persiste. L’eau traverse alors le mur voisin lui-même, par des joints lessivés ou une brique tendre exposée à l’ouest. La solution se trouve sur la face du mur, par un rejointoiement ou un traitement adapté, ce qui suppose l’accord du propriétaire. Notre page couverture et rénovation de toiture détaille comment nous reprenons solins, noues et raccords sur place, et la zinguerie façonnée sur mesure couvre la fabrication des pièces.

Prévenir le voisin avant le chantier

Que le mur soit mitoyen ou appartienne entièrement à la maison d’à côté, le solin s’ancre dans sa maçonnerie. On ne l’entaille pas sans en avoir parlé. Quelques précautions rendent l’échange simple :

  • prévenez votre voisin dès que la cause est identifiée, photos à l’appui ;
  • expliquez ce qui sera fait sur son mur : une saignée dans un joint, rebouchée ensuite, sans toucher à sa toiture ;
  • photographiez son mur avant les travaux, pour que personne ne discute ensuite de l’état d’origine ;
  • s’il a lui-même des traces d’humidité du même côté, faites regarder les deux maisons lors de la même visite.

Dans l’immense majorité des cas, nous travaillons depuis votre toit et votre côté, sans passer chez le voisin. Si l’eau coule déjà franchement le long du mur, une bâche contre la jonction limite les dégâts le temps de préparer la réparation, grâce à notre mise hors d’eau en urgence.

Questions fréquentes

Il tient le temps d’un hiver, rarement plus. Collé contre la face de la brique, il laisse l’eau passer derrière dès qu’il se fissure, et il faudra de toute façon ouvrir une saignée pour faire un raccord durable.

Oui. Un mur haut, exposé à l’ouest et aux joints creusés, boit la pluie et la restitue plus bas, chez vous. Nous contrôlons les deux avant de proposer quoi que ce soit.

Presque jamais : le raccord se reprend depuis votre versant. Si l’accès est impossible autrement, nous vous le disons avant le devis pour que vous puissiez en parler ensemble.

Le zinc convient dans la plupart des cas. Le plomb se façonne plus facilement sur des tuiles très galbées et se trouve souvent dans le bâti ancien ; nous suivons ce que la couverture demande.

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